Unité Mixte de Recherche


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QUARANTAINE CANNE A SUCRE
 
Visacane, la quarantaine de canne à sucre du Cirad   contact : isabelle.guinet-brial@cirad.fr
  Visacane est la quarantaine de canne à sucre du Cirad. Elle fournit des variétés saines de canne dans le monde entier, pour l’industrie sucrière et pour les centres de création variétale.
 

Transférer des variétés en toute sécurité (fiche jointe en pdf)
La quarantaine canne à sucre
La disponibilité de nouvelles variétés de canne à sucre contribue dans une large mesure à l’amélioration des systèmes de production.
A cette fin, le Cirad procure à ses partenaires l’accès à du matériel génétique pour des besoins de recherche et d’amélioration variétale, et à des variétés nouvelles performantes pour la culture industrielle. Le matériel végétal est transféré d’un lieu à un autre sous forme végétative dans la grande majorité des cas, ce qui augmente considérablement les risques de propagation de maladies et de ravageurs. La quarantaine canne à sucre du Cirad permet d’éliminer ces risques.
Un dispositif pour garantir des variétés saines
La quarantaine de canne à sucre du Cirad à Montpellier prend en charge les trois activités majeures d’une quarantaine : transfert de matériel végétal, détection de bioagresseurs et assainissement. Aux contraintes d’ordre phytosanitaire s’ajoute une contrainte d’ordre juridique : s’assurer, par l’intermédiaire de contrats appropriés, que les droits des obtenteurs de variétés à la propriété intellectuelle du matériel diffusé sont bien respectés.
Sur le plan pratique, le matériel végétal introduit passe par trois étapes au cours desquelles tout est mis en oeuvre pour détecter d’éventuelles maladies ou ravageurs et pour les éliminer :
• Un passage par une enceinte aux normes NS2 pour éliminer tout risque d’introduction de ravageurs considérés comme des parasites de quarantaine en Europe.
• Deux cycles de quarantaine de 9 à 12 mois chacun afin de détecter les maladies et de multiplier les variétés avant leur libération et leur diffusion.
Le matériel végétal passe donc au minimum deux ans en quarantaine.
Plants de canne à sucre en serre de quarantaine - ©  J.-C. Girard
La détection des maladies
Symptômes de feuille jaune (Sugarcane yellow leaf virus) sur la variété H50-7209 - © P. Rott

La détection des maladies constitue l’une des activités principales de la quarantaine. Les techniques de détection utilisées en quarantaine sont variées : recherche visuelle de symptômes, isolement sur milieu sélectif, mise en oeuvre de tests sérologiques et moléculaires (PCR, RT-PCR).
Pour les besoins d’une quarantaine, les outils de détection des maladies doivent permettre de repérer des quantités très faibles d’agent pathogène et de détecter, lors d’un même test, tous les variants d’un même agent pathogène, voire plusieurs agents.
Un défi majeur : identifier les maladies latentes
Trois maladies font l’objet d’une surveillance particulière en quarantaine car il est souvent très difficile, voire impossible, de les détecter par simple observation de symptômes. En effet, l’échaudure des feuilles – due à la bactérie Xanthomonas albilineans – et la maladie de la feuille jaune – due au virus Sugarcane yellow leaf virus – peuvent présenter de longues phases sans qu’aucun symptôme ne se manifeste. Le rabougrissement des repousses, causé par la bactérie Leifsonia xyli subsp. xyli, ne manifeste quant à lui jamais de symptômes externes lors de la croissance des plantes infectées en serre de quarantaine. Selon l’origine géographique des variétés, il est parfois nécessaire de rechercher une dizaine d’autres maladies, essentiellement d’origine virale ou bactérienne, y compris des phytoplasmes.
L'assainissement
Entre les deux cycles de quarantaine, toutes les boutures sont systématiquement soumises à un traitement thermothérapique long à l’eau chaude afin d’éliminer au maximum les bactéries, champignons, insectes et acariens susceptibles d’être hébergés par ces boutures. Des traitements phytosanitaires sont aussi régulièrement pratiqués en cours de culture (pulvérisation du feuillage, arrosage au pied) et en fin de cycle (trempage des boutures). En cas de détection d’une maladie difficilement curable, comme l’échaudure des feuilles, les variétés infectées sont détruites. En revanche, si la maladie détectée est considérée comme curable, par exemple pour le rabougrissement des repousses, les variétés sont assainies par un traitement thermothérapique long. Dans le cas de la feuille jaune ou de la mosaïque en tirets (Sugarcane streak mosaic virus), il faut recourir à la culture de méristème apical pour obtenir des plants sains.

Jeune plantule de canne à sucre issue de méristème apical -  © J.-C. Girard
Le transfert de variétés
Préparation de boutures à éxpédier - ©  D. Roques
Une centaine de variétés est importée chaque année de divers pays producteurs de canne à sucre. A la sortie de la quarantaine, une centaine de variétés est transférée tous les ans à différents partenaires du Cirad. Ces variétés sont utilisées soit par l’industrie pour les plantations, soit par la recherche.

Elles sont de différents types : variétés prometteuses, déjà connues, nouvelles à évaluer, ou encore appartenant à des espèces ancestrales.